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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 03:18

Reprise de la séance du 20 janvier 2012   

Le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie a été abordé aujourd'hui en comparant deux extraits, issus respectivement des films Le jour le plus long (1962) de Darryl F. Zanuck, Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki et Gerd Oswald  et Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Steven Spielberg. Les élèves ont ainsi pu constater qu'en l'espace de 30 ans, la façon de filmer la guerre a bien changé.

Le jour le plus long (1962)Il faut sauver le soldat Ryan (1998)

Le 6 juin 1944 débute pour les force alliées (Américains, Anglais, Canadiens et Forces Françaises Libres) l'opération Overlord, visant à prendre pied en France, occupée par l'Allemagne nazie. N'ayant pu trouver d'extrait satisfaisant du débarquement d'Omaha Beach pour Le jour le plus long, je ne vous propose que la scène extraite du film de Spielberg. 

 
Le montage présentant les évènements diverge selon les deux films. Dans Le jour le plus long, c'est l'ensemble des opérations alliées qui est montré. On suit ainsi les débarquements menés sur les différentes plages normandes (Omaha Beach, Utah Beach, Sword Beach...). L'action d'Il faut sauver le soldat Ryan se concentre uniquement sur le débarquement d'Omaha Beach, en restant au plus près des soldats américains.
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Le jour le plus long s'attache à présenter les points de vue des différents camps. Les réactions des Allemands sont montrées à plusieurs moments. Dans le film de Spielberg, on ne voit jamais clairement le visage des Allemands tant que les Américains progressent sur la plage, ce qui les déshumanise et les rend plus menaçants. Le but étant de renforcer l'empathie pour les Américains.
 
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La façon de filmer le débarquement a aussi beaucoup évolué entre les deux films. Alors que Le jour le plus long utilise des plans plutôt classiques (plan général, plan américain...) et quelques travellings, Il faut sauver le soldat Ryan est surtout filmé caméra à l'épaule, à la manière d'un reportage de guerre, ce qui permet une plus forte immersion des spectateurs. On a l'impression de suivre les soldats américains, de courir avec eux.
 
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Que les soldats sautent à l'eau, courent ou rampent dans le sable, la caméra ne les quitte pas d'une semelle, ce qui permet au spectateur d'adopter le point de vue des soldats, comme si il était lui même un des rangers américains. Le réalisateur pousse le réalisme jusqu'à laisser sur l'objectif de la caméra les projections d'eau, de sable et de sang.
 
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Pour renforcer le côté réaliste et l'empathie pour les Américains, Steven Spielberg multiplie les gros plans sur les soldats, là où Le jour le plus long opte pour une approche plus distanciée des évènements en montrant les soldats par des plans d'ensemble plus larges. Chez Spielberg, la tension est d'avantage palpable : les mains tremblent, les soldats sont inquiets, vomissent, pleurent.
 
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Les soldats du film de 1962 sont beaucoup plus calmes face aux évènements. Ils progressent sur la plage par des petites foulées, sans trop baisser la tête. Ils discutent sur un ton posé, alors que le film de 1998 nous les montre apeurés et plaqués au sol.
 
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D'autres aspects ont été également observés. Sur le plan du son, le débarquement du jour le plus long est rythmé par une petite musique un peu guillerette, alors que celui du soldat Ryan se contente du sifflement des balles, des hurlements et des explosions. Le réalisateur nous fait même vivre l'accouphène du personnage incarné par Tom Hanks après une explosion.
 
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Enfin, le ton entre les deux films diverge sur un point important. Le film de 1962 se permet quelques petites touches comiques, avec notamment le débarquement des soldats écossais. On y voit Sean Connery vociférer contre les Allemands sur le bateau avant de tomber maladroitement à l'eau, ainsi que le commandant de la Royal Navy se plaignant que les bombardements effrayent son chien, qu'il promène en laisse sur la plage de Sword Beach en hurlant ses ordres aux soldats.
Au contraire, il n'y a pas de place pour le comique dans Il faut sauver le soldat Ryan. Les combats y sont montrés de manière violente, effets sanguinolents à l'appui. Les corps sont déchirés par les explosions et les impacts de balles sur les corps des soldats ne sont pas épargnés au spectateur.
 
En conclusion, les différences abordées entre ces deux films sont liées bien sûr à l'époque à laquelle ils ont été tournés. La manière de jouer des acteurs a évolué, tout comme les techniques à la disposition des metteurs en scène. 
Mais ce sont surtout les intentions des metteurs en scène qui ne sont pas les mêmes. Là où le film de 1962 cherche à divertir par un spectacle total présentant l'intégralité des opérations du D-Day (quitte à ménager aussi des passages comiques pour toucher tous les publics), le film de 1998 opte pour une approche beaucoup plus réaliste et immersive visant à dénoncer les atrocités de la guerre et à rendre hommage au courage des soldats américains.  
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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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