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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 22:25

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Nous nous étions arrêtés la semaine dernière en plein âge d'or du péplum, dans les années 1950. Nous reprenons aujourd'hui au début des années 1960. Une séquence de La chute de l'empire romain d'Anthony Mann (1964) est venue inaugurer cette seconde séance sur l'histoire du péplum. Elle est la parfaite illustration de ce qu'était le péplum américain au début des années 60 : des décors monumentaux, des milliers de figurants et de costumes... Le passage visionné montrait l'empereur Commode, de retour d'une campagne militaire contre les Germains, rentrer triomphalement dans une Rome en liesse. Il traverse un forum impressionnant de 437 mètres de long sur 251 mètres de large, l'un des décors les plus grands jamais réalisés pour un film. Sa construction, à proximité de Madrid, a nécessité le travail de 1100 ouvriers, qui ont érigé en 7 mois 27 bâtiments, plus de 600 colonnes et 350 statues. Cet extrait avait pour but de montrer la débauche de moyens dont le genre bénéficiait à l'époque, mais illustre aussi ce qui causera sa chute. Les moyens colossaux investis par les studios dans ces films deviennent des paris très risqués et conduiront bien des producteurs à la ruine. La chute de l'empire romain, par exemple, ne rapporta que 2 millions de dollars, soit 10 fois moins que ce qu'il a coûté.

Spartacus (1960)Cleopatre (1963)La chute de l'empire romain (1964)  

Avant d'amorcer son déclin, le péplum américain produira encore trois oeuvres majeures. Souvent considéré comme l'un des meilleurs films du genre, Spartacus de Stanley Kubrick, sorti en 1960, raconte l'histoire d'un esclave thrace formé pour devenir un gladiateur qui prendra la tête d'un mouvement de révolte des esclaves qui ébranla Rome en 73 avant J.-C.. Spartacus y est incarné par Kirk Douglas, déjà vu dans le rôle d'Ulysse la semaine dernière (L'histoire du péplum : la montée en puissance du genre), dans le film éponyme de 1954. Le combat à mort entre Spartacus et un gladiateur numide de son centre de formation a été projeté aux élèves.  

 

Cléopâtre de Joseph L.Mankiewicz (1963) est, à l'image de La chute de l'empire romain qui sortira l'année suivante, un véritable dérapage financier. Il représente encore aujourd'hui, pour les studios hollywoodiens, tout ce qu'il ne faut pas faire sur une grosse production. Retraçant la vie de la célèbre reine égyptienne, ce métrage est connu pour être le film le plus cher de tous les temps, mais aussi pour avoir failli couler le studio 20th Century Fox. Son tournage s'étala sur deux ans et fut interrompu à plusieurs reprises par des caprices de stars et des reconstructions de décors. On a pu observer toute la démesure du film en visionnant la célèbre séquence de l'entrée de Cléopâtre dans la ville de Rome, avec ses décors monumentaux, ses centaines de figurants et de costumes.

 

 18473994venjaquetteLes amours d'Hercule (1960)

Le péplum italien a lui aussi amorcé son déclin dans la première moitié des années 1960. Le genre a pourtant rencontré un succès important, à tel point que dans l'Italie d'après-guerre on ne tournait presque que des péplums : plus de 180 ont été réalisés entre 1946 et 1966. 34 sont sortis rien que dans l'année 1964. Le sous-genre le plus à la mode était le muscle opera, des films mettant en scène des héros à la musculature impressionnante comme Hercule, Maciste, Samson ou Ursus. Le muscle opera marchait très fort depuis la sortie du film de Pietro Francisci, Les Travaux d'Hercule, en 1958. Hercule y était interprété par le culturiste américain Steve Reeves, le Mr. Universe de l'année 1950. Ce rôle lui apporta une célébrité considérable et une image de héros stéréotypée, dont il n'arrivera jamais vraiment à se débarasser dans la suite de sa carrière.

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Dans le sillage de Steve Reeves, de nombreux culturistes tentent leur chance dans le muscle opera. D'autant que, pour les producteurs de ces films, la taille des muscles de leurs vedettes importait plus que leur talent de comédiens. Du coup ces films sont de qualité très inégale et le public commence à se lasser. A cela s'ajoute le fait que les producteurs investissent de moins en moins d'argent dans ces films, ce qui se ressent dans les décors et les effets spéciaux, de plus en plus cheaps. Les élèves ont pu en prendre la mesure au moyen d'extraits de La vengeance d'Hercule (1960) et Les amours d'Hercule (1960 aussi). Dans le premier, Hercule descend dès le début du film aux enfers. Il croise le chemin d'un cerbère ridicule, avant d'affronter un homme chauve-souris dans un costume complétement râté, qui provoqua l'hilarité des élèves (link). Dans le second film, Hercule affronte une hydre peu crédible, évoquant une machine de fête foraine. L'extrait est à savourer dans le lien ci-dessous, à la 43ème minute :

 

 

Hercule contre les vampires (1961)hercule-afficheMaciste-contre-les-hommes-de-pierre  

Après des dizaines de films aux histoires quasi interchangeables (généralement le héros doit sauver une jolie fille en détresse et/ou un peuple opprimé des griffes d'un cruel tyran), certains réalisateurs tentent d'innover en mêlant les genres, notamment le muscle opera et le cinéma fantastique. Bien leur en a pris car ces films restent aujourd'hui parmi les plus agréables à regarder. Dans Hercule contre les vampires, sorti en 1961, le réalisateur Mario Bava parvient grâce à sa grande maîtrise technique (il fut un directeur de la photographie très talentueux) à créer un univers souterrain macabre et flamboyant, en dépit d'un budget très modeste. Sorti la même année, Hercule à la conquête de l'Atlantide de Vittorio Cottafavi est l'un des meilleurs péplums réalisés à l'époque. Comme dans Hercule contre les vampires, le rôle titre est tenu par le culturiste britannique Reg Park. Il reste à mon sens le meilleur interprète d'Hercule car en dehors de son physique imposant, il lui a aussi apporté une véritable personnalité. Alors que les culturistes apparaissant dans les péplums sont souvent critiqués pour les limites de leur jeu d'acteur, Reg Park est parvenu à créer un Hercule à la fois hautain et insouciant, gourmand et paresseux (il pique un somme dès que l'occasion se présente), bref pleinement conscient de son statut de demi-dieu et des avantages qu'il peut en tirer.

 

La sortie du western Pour une poignée de dollars de Sergio Leone (1964) marque la fin de l'âge d'or du péplum italien. A partir de ce film, le public italien se détourne des héros antiques en toges et en jupettes et ne jure plus que par les cowboys énigmatiques et mal rasés d'un genre qui sera rapidement baptisé le western spaghetti, c'est-à-dire le western à l'italienne. Du jour au lendemain, les studios italiens, comme ceux de Cinecittà à Rome, qui fabriquaient des péplums à la chaîne, arrêtent net leur production.

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A partir de la fin des années 1960, et pendant les décennies suivantes, peu de péplums seront réalisés en Italie et partout ailleurs. Le genre va évoluer vers le péplum décadent et le péplum érotique. Les péplums décadents se déroulent généralement pendant les règnes d'empereurs fous et/ou sanguinaires comme Tibère, Caligula ou Néron. On y suit de riches Romains à la morale douteuse dans leurs orgies et leurs amusements libertins et sadiques. Parmi les films les plus connus de cette période, on peut citer Satyricon de Federico Fellini (1969), qui comprend des scènes d'orgie d'anthologie, ou encore Caligula de Tinto Brass (1979). Le film raconte le bref règne de Caligula (37-41), empereur dément qui fit assassiner ou bannir la plupart de ses proches. La mode des péplums érotiques se développe également avec des films comme Caligula et Messaline (1982) ou Les orgies de Caligula (1985). 

 

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C'est également dans les années 1980 que Luigi Cozzi tente relancer l'intérêt pour le personnage d'Hercule. C'est le culturiste Lou Ferrigno qui a été choisi pour interpréter le demi-dieu. Si l'acteur a bien la carrure adaptée au rôle, il est en revanche un piètre comédien. Son jeu inexpressif rend comique chacune de ses apparitions. Mais c'est loin d'être le seul élément qui vient ruiner le film. Les effets spéciaux sont souvent risibles et assortis de bruitages agaçants. Les dialogues sont aussi aberrants et il n'est pas rare de voir un acteur se lancer dans un monologue pour raconter n'importe quoi. L'extrait visionné a beaucoup fait rire les élèves. On y voit Hercule se précipitant à travers les bois pour sauver son père, attaqué par un ours. Il arrive malheureusement trop tard.  Rendu fou de chagrin par la mort de son père, il projette l'ours miteux dans l'espace, créant ainsi la constellation de la Grande Ourse. Du grand art!

 

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982)deuxheuresmoins-preview-2300-33391  

Dans les années 1970-1980, le péplum va être parodié dans plusieurs films. Parmi les plus réussis, on peut citer Deux heures moins le quart avant Jésus Christ de Jean Yanne (1982). Cette comédie met en vedette Coluche, dans le rôle du garagiste, ou plutôt charagiste, Ben-Hur Marcel, qui va se retrouver à la tête d'un mouvement de contestation contre Jules César. Plusieurs classiques du péplum sont détournés avec beaucoup d'humour. Jules César, incarné par le génial Michel Serrault, est un homosexuel caricatural et Cléopâtre, si elle reste très belle, y est dépeinte comme une chipie râleuse et un peu vulgaire. Il faut la voir s'énerver contre ses esclaves lors de son entrée dans Rome, alors que ces derniers peinent à manoeuvrer son char dans les rues bondées de la capitale. Il s'agit bien sûr d'un détournement de la mythique entrée de la reine d'Egypte dans le Cléopâtre de 1963.

 

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La vie de Brian est une autre excellente comédie, parodiant cette fois les péplums bibliques. Ce film de 1979 a été créé par un groupe de comique anglais géniaux, les Monty Python. On y suit, comme le titre l'indique, la vie tourmentée de Brian, depuis sa naissance, le même jour que Jésus de Nazareth dans l'étable voisine, jusqu'à sa crucifixion par les Romains. Festival d'humour absurde, le film multiplie les séquences hilarantes. C'est la chanson finale qui a été projetée aux élèves pour clore cette séance.

 
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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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