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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 17:29

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Nous avons parlé la semaine dernière des premiers kaijus eigas jusqu'aux années 1970, en suivant notamment l'évolution du personnage de Godzilla. Nous l'avions laissé dans une période peu glorieuse, au cours de laquelle il était la vedette de films médiocres, essentiellement destinés aux enfants. En 1984, pour les 30 ans de Godzilla, la Toho sort Le retour de Godzilla. Le kaiju vedette reçoit cette fois un traitement plus sérieux et son apparence redevient plus agressive. Le retour de Godzilla inaugure l'une des périodes les plus intéressantes de la saga : l'ère heisei (1984-1995). Durant sept films, disposant d'un budget plus conséquent, Godzilla va affronter tous les daikaijus les plus célèbres de ses débuts : King Ghidorah, Mothra, Rodan et Mechagodzilla (voir Planquez-vous, voilà les kaijus! (1/2)). Il va aussi se frotter à de nouveaux personnages très réussis comme Spacegodzilla, Destroyah et Biollante. C'est précisemment un extrait de Godzilla vs Biollante (1989) qui a ouvert cette dernière séance de l'année. Godzilla y affronte son double végétal, créé à partir de ses cellules mélées à celles d'une plante. Biollante peut cracher un liquide radioactif corosif, se regénérer et même se changer en spores pour se déplacer dans les airs. Elle a une gueule garnie de dents énormes et possède des tentacules perforantes (voir photo ci-dessus). Si on le compare à l'extrait de Godzilla vs Megalon (1973) projeté à la fin de la précédente séance, on voit que l'ambiance est nettement plus noire et que les costumes et les effets spéciaux sont plus soignés.

 

    

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Les films de l'ère heisei sont liés par un arc narratif très réussi, allant jusqu'à la mort de Godzilla, à la fin de Godzilla vs Detroyah (1995). Pour répondre au remake américain de Godzilla sorti en 1998, considéré par les fans comme un affront fait au personnage, la Toho a relancé une nouvelle série de films de 1999 à 2004. Il s'agit de l'ère millennium, qui comprend six films.  

058Godzilla Final Wars (2004)9290629.png
Dernier Godzilla japonais en date, Godzilla Final Wars est sorti à l'occasion des 50 ans du lézard atomique. Le film a été confié à Ryuhei Kitamura, un réalisateur déjanté, qui prend un malin plaisir à livrer un Godzilla totalement loufoque dans lequel des extraterrestres venus de la planète X dupent les humains et relâchent simultanément sur Terre plusieurs daikaijus, croisés dans les précédents films de la franchise. Godzilla va donc devoir affronter nombre de ses anciens ennemis, dans des combats funs et plus dynamiques, comparé à ce qu'on nous avait habitué jusque là.  Dans la séquence projetée en classe, Godzilla affronte simultanément Anguirus, King Caesar et Rodan dans un combat très dynamique et délirant. On y voit clairement des prises de catch (après tout il s'agit bien d'un match à handicap) et Godzilla y adopte même une posture de gardien de football pour bloquer Anguirus qui lui arrive dessus à vive allure après avoir été projeté du pied par King Caesar. La scène, visionnée le lendemain de l'ouverture de la coupe du monde de football, n'a pas manqué de faire sourir les élèves.  
 
061Gamera Guardian of The Universe061Gamera 1999

A la fin des années 1990, la série des Gamera a elle aussi été relancée avec succès dans une trilogie très appréciée des amateurs de kaiju eigas et réalisée par Shûsuke Kaneko : Gamera : Gardien de l'Univers (1995), L'attaque de Légion (1996), La revanche d'Iris (1999). Alors que les premiers Gamera étaient très naïfs et techniquement peu aboutis, cette nouvelle trilogie adopte un ton plus sérieux et bénéficie d'effets spéciaux très réussis.

 

065Gamera l'héroïque (2006)067gamera02

Un extrait du dernier Gamera en date, Gamera l'héroïque (2006) a été projeté en classe. Il s'agit encore d'un reboot (terme employé lorsqu'on reprend une histoire du début, dans un nouveau film). Bien que le film s'adresse à un public plus jeune, le traitement du personnage est toujours aussi soigné. Le film raconte l'histoire d'un jeune garçon, Toru, qui trouve sur la plage une petite tortue qu'il baptise "Toto". Cette tortue va se montrer très vite exceptionnelle car, en plus de grandir très vite, elle sait voler et cracher du feu. Cette tortue est bien évidemment une nouvelle Gamera. Lorsque le village de Toru est attaqué par le monstre Zedus, Toto va tenter de protéger ses habitants. On voit Zedus dévorer des civils au début de la séquence, fait assez rare dans les kaiju eigas pour le signaler : link. Le personnage de Gamera reste donc un "gentil" kaiju, défendant la planète et ses habitants.

 

The Host (2006)hostpic2big

En 2006, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho (dont l'excellent Snowpiercer, le Transperceneige est sorti en 2013) épate les spectateurs avec un film de monstre très réussi : The Host. Sans atteindre une taille godzillesque, le monstre vedette, ayant muté suite au rejet de produits dangereux dans le fleuve Han par des Américains peu scrupuleux, enlève des personnes à Séoul pour les emmener dans son garde-manger situé dans les égouts. Lorsque le monstre enlève la petite Hyun-seo, toute sa famille se lance à son secours. Le film est très réussi car il mélange habilement comédie sociale, horreur, burlesque, film catastrophe et suspense. Le design du monstre est original, tout comme la mise en scène de Bong Joon-ho. Le film se permet même un message environnemental et politique en critiquant les Etats-Unis et la police sud-coréenne. Le monstre n'est donc pas seulement la bête et le film est bien plus riche qu'il n'y paraît.
  
090Cloverfield (2008)092Cloverfield3
Côté américain, le genre connaît un regain d'intérêt intéressant depuis la fin des années 2000. Cloverfield de Matt Reeves (2008) traite le kaiju eiga à la manière du found footage, donnant à cette histoire de monstre dévastant New York un angle original. Nous reviendrons sur le found footage l'année prochaine, mais on peut déjà expliquer qu'il s'agit de films censés être composés à partir de vidéos retrouvées, relatant des évènements (généralement impressionnants) vécus en direct. Le traitement de l'action de Cloverfield est donc inédit dans l'histoire du kaiju eiga, puisqu'on est amené à suivre des civils tentant de survivre à travers la ville entre les destructions causées par la créature et les offensives de l'armée. La caméra est tenue par un jeune homme qui était chargé d'immortaliser une fête donnée en l'honneur du héros. La méthode du found footage permet de dévoiler progressivement la créature et favorise l'immersion du spectateur, qui a l'impression de suivre un "reportage de guerre". Si ce type de films, aujourd'hui surexploité, peut agacer par ses mouvements de caméra saccadés et ses cadrages approximatifs, il a été dans le cas de ce film intelligemment utilisé.
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Monsters (2010)095gareth-edwards-monsters
En 2010, Monsters de Gareth Edwards rencontre un bon succès d'estime parmi les amateurs de films fantastiques. L'histoire est assez originale : Arrivées dans le nord du Mexique depuis 6 ans, des créatures extraterrestres luminescentes et tentaculaires s'y sont depuis installées et ont commencé à y créer leur propre écosystème. Les humains quant à eux ont évacué la zone qui est devenue "infectée". Peu de personnes osent s'y aventurer. Si le film peut être frustrant, dans le sens où il est rarement spectaculaire et dévoile peu ses kaijus venus de l'espace, le réalisateur y montre un certain sens de la débrouille au vu de la faiblesse de son budget. Comme dans son nouveau film, le reboot de Godzilla actuellement en salle, Gareth Edwards s'attache à présenter les enjeux humains de l'histoire, aspect souvent sacrifié ou peu réussi dans les kaiju eigas.
  
Pacific Rim (2013)099Les-Kaijus-viennent-detruire-l-humanite portrait w858
Sorti durant l'été 2013, Pacific Rim de Guillermo del Toro présente des monstres géants sortis d'une faille sous-marine attaquant des grandes villes du littoral pacifique (San Francisco, Manille...). C'est la très efficace séquence d'ouverture qui a été montrée aux élèves, en attendant la projection du film dans son intégralité le 17 juin. En une poignée de minutes, le réalisateur mexicain introduit le sujet en lui donnant une certaine crédibilité grâce à un montage habile mêlant fausses images de journaux télévisés, d'émissions et de publicités, sur lesquels la voix du héros commente l'arrivée des kaijus et la mise en place du programme Jaeger, soit la construction de robots géants chargés de protéger l'humanité.
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On termine avec l'Elemental d'Hellboy 2 : Les légions d'or maudites de Guillermo del Toro (2008). Cinq ans avant Pacific Rim, le réalisateur mexicain avait déjà prouvé son respect pour le kaiju eiga à travers cette séquence. L'Elemental est un dieu de la forêt, le dernier représentant de son espèce. Son look de daikaiju végétal est très original et la manière de le présenter tout en nuance, entre crainte et compassion, vient nous rappeler que del Toro est un amoureux des monstres et qu'il veille à leur donner une personnalité (voir Le monde merveilleux de Guillermo del Toro). Après avoir hésité, Hellboy finira par l'achever et l'Elemental se changera alors en une fleur géante qui n'est pas sans rappeler Biollante, le daikaiju avec lequel nous avons ouvert la séance. La boucle est bouclée.

 

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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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