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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:09

kingkong3kingkongKing Kong

Nous avons repris cette semaine une séance d'il y a deux ans (King Kong, de la stop motion à la motion capture), au cours de laquelle nous avions comparé la séquence de combat entre King Kong et le T-Rex dans le film de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (1933) et celui de Peter Jackson (2005). Il s'agissait aujourd'hui d'avoir un aperçu de l'évolution des effets spéciaux sur près de 70 ans, au moyen des trois versions officielles des aventures du singe géant de Skull Island. La nouveauté de cette séance a été d'inclure le King Kong de John Guillermin (1976), précédemment laissé de côté.

Le King Kong de 1933 est animé en stop motion (animation image par image) par le pionnier de ce type d'effet spécial : Willis O'Brien. Cette technique, sur laquelle nous avions consacré quelques séances lors de la première saison du club (Le bestiaire fantastique de Ray HarryhausenL'avenir de la stop motion) consiste à animer un objet au squelette articulé devant un fond peint. Ces animations peuvent ensuite être intégrées à des prises de vues réelles en superposant les images tournées. Ce premier film parlant à effets spéciaux fut un choc pour les spectateurs des années 1930.

0706Kong1933

En 1976, le producteur italien Dino De Laurentiis décide d'entreprendre un remake du désormais classique King Kong de 1933. Pour ce film, il voit les choses en grand, comme l'atteste l'un des dessins préparatoires ci-dessous. Il engage le spécialiste des effets spéciaux Carlo Rambaldi pour construire un singe gigantesque de 12 mètres de haut. Ce King Kong mécanique de 6 tonnes a coûté 1,7 millions de dollars. Un investissement bien mal placé puisque le singe est au final peu maniable et surtout peu crédible. Il n'apparaîtra qu'une poignée de secondes à l'image et servira essentiellement pour la promotion du film.

003009p12 mètres, 6 tonnes et d'un montant de 1,7 millions $

Le singe mécanique étant inutilisable, une grande partie de la responsabilité des effets spéciaux du film retombe sur le jeune maquilleur Rick Baker. Passionné par les singes, il conçoit le costume et le masque de King Kong, qu'il portera d'ailleurs lui-même pour les besoins du tournage. Pour des raisons techniques, le King Kong version 1976 remplaça la scène de combat contre le dinosaure par un combat contre un serpent géant, bien éloignée de la vision spectaculaire envisagée dans les dessins préparatoires et donc plus anecdotique. Malgré tout son travail, Rick Baker sera à peine crédité au générique et c'est Carlo Rambaldi qui recevra un Oscar pour sa "contribution spéciale"! Criante injustice qui sera réparée par la suite, puisque Rick Baker recevra 7 Oscars pour ses maquillages sur d'autres projets (Men in Black, Le Grinch...) et est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs de sa profession.

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Fan inconditionnel du King Kong originel, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson profite du succès de sa trilogie du Seigneur des Anneaux (2001-2003) pour lancer un nouveau remake des aventures du gorille géant. Le film se veut plus respectueux de l'histoire originale et Peter Jackson eut a coeur de sublimer les différents morceaux de bravoure du métrage, notamment la scène de combat contre le T-Rex.

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Pour cette séquence spectaculaire, ce n'est plus un mais trois T-Rex que King Kong va devoir affronter pour protéger sa belle. Ce passage, l'un des plus complexes du film, a nécessité un important travail en préproduction et fut entièrement planifiée et chorégraphiée informatiquement, sous la forme d'un "brouillon" numérique. Grâce à la technique de la motion capture (capture de mouvements), Peter Jackson parvient à animer ce combat avec une ingéniosité folle. La caméra virevolte avec une habileté rare, rendant l'action particulièrement lisible et immersive. 

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Si King Kong a connu des évolutions au fil des différentes versions, il en va de même pour le personnage d'Ann Darrow, l'actrice capturée par le grand singe. Seul personnage féminin de l'histoire, elle a été tour à tour interprétée par Fay Wray, Jessica Lange et Naomi Watts. Il est intéressant de constater que l'évolution suivie par ce personnage d'un film à l'autre suit l'évolution de la perception des femmes dans la société occidentale du XXème siècle. Dans la version de 1933, le personnage d'Ann Darrow subit les évènements et fait preuve de peu d'initiatives. Elle attend qu'on vienne la délivrer, à l'image d'une princesse de conte de fées. Cela correspond à la perception des femmes dans les années 1930. A l'époque beaucoup de droits restaient à conquérir pour les femmes, qui se trouvaient souvent sous l'autorité de leur mari. D'où la passivité d'Ann face au danger, qui se contente de crier en attendant que la gent masculine ne vienne à son secours. La Darrow de 1976 est différente, beaucoup plus séductrice. La révolution des moeurs de la fin des années 1960 est passée par là. La version de Jessica Lange est donc beaucoup plus érotisée que sa prédecesseure et forme avec King Kong et le personnage de Jack un triangle amoureux plus net. Son personnage n'en demeure pas moins fragile et peu réactive face aux évènements. Elle se contente de séduire le grand singe pour sauver sa vie. Les choses changent considérablement dans la version de 2005. Sous les traits de Naomi Watts, Ann Darrow se montre plus indépendante et combattive. Elle fuit et lutte pour sa vie sans attendre l'équipage masculin lancé à sa recherche. Ce glissement vers un personnage lucide, prenant des initiatives et surmontant sa peur, témoigne de l'émancipation des femmes dans la seconde moitié du XXème siècle.

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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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