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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 01:27

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Difficile de croire que le célèbre studio Universal, qui fête actuellement ses 100 ans d'existence, doit sa survie aux films de monstres qu'il a produit à partir des années 1930. Le fondateur du studio, Carl Laemmle, n'appréciait guère le genre horrifique. Universal a pourtant sorti quelques films de monstres dans les années 1920 : Notre-Dame de Paris (1923) et Le fantôme de l'opéra (1925), qui ont fait la gloire de l'acteur/maquilleur Lon Chaney, surnommé "l'homme aux mille visages".

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La crise économique de 1929 frappe durement Universal. C'est à ce moment que le patron du studio passe la main à son fils, Carl Laemmle Jr. Ce dernier, grand amateur de films de monstres, décide de miser sur le genre pour sauver le studio de la faillite.

laemmle-jrDracula (1931) 

Le premier film mis en chantier est Dracula, réalisé par Tod Browning en 1931. Basé sur le roman de Bram Stoker (1897), qui s'était lui même inspiré de Vlad Tepes, un prince roumain du XVème siècle resté dans les mémoires pour sa cruauté (il faisait empaler ses ennemis), le film raconte l'histoire d'un vampire qui quitte sa Transylvanie natale pour trouver du sang frais à Londres. Le professeur Van Helsing perce le monstre à jour et tente de le détruire.

bela-lugosi-i-dracula-2dracula-1931-crop-1 

Ce premier film d'horreur parlant est un véritable succès et sauve le studio de la banqueroute. Il révèle aussi au grand public Bela Lugosi, qui avait déjà interprété le personnage au théâtre. L'acteur sera habité toute sa vie par ce rôle de vampire aristocrate et séducteur, à tel point que sa famille décidera de l'enterrer avec sa cape de Dracula. On raconte que lors des obsèques, Peter Lorre, non sans humour, aurait soufflé à Vincent Price (deux autres grands acteurs du genre) : "Est-ce qu'on ne devrait pas lui enfoncer un pieu dans le coeur, au cas ou...?"

 
Frankenstein (1931)frankenstein-1931-01-g
Fort du succès de Dracula, le studio lance dans la foulée la production de Frankenstein, d'après le roman de Mary Shelley (1816). Le film, mis en scène par James Whale, avait tout pour choquer le public de l'époque puisqu'il y est question d'un scientifique, Victor Frankenstein, qui insuffle la vie à une créature constituée à partir de cadavres prélevés dans des tombes profanées. Brutalisé, le monstre s'évade et répand malgré lui la terreur dans la région. Le film offre à Boris Karloff, qui incarne la créature, le rôle de sa vie. Il excèle dans ce personnage de monstre pataud, qui attire davantage la compassion des spectateurs que l'effroi.
 
Franckbride-of-frankenstein-blind-man.jpg 
Frankenstein est également un grand succès. Sous la pression du studio, James Whale accepte de s'atteler à la réalisation d'une suite. Ce sera La fiancée de Frankenstein (1935). Le réalisateur eu sur ce film les coudées franches et en profita pour livrer une comédie horrifique déjantée et provocatrice. Boris Karloff, qui rempile dans le rôle du monstre, est rejoint par Elsa Lanchester dans le rôle de sa "fiancée". L'autre grande nouveauté de cette séquelle est que le monstre apprend à parler. Le film, plus beau et plus abouti que l'original, regorge de trouvailles visuelles et d'effets spéciaux étonnants et est aujourd'hui considéré comme un chef d'oeuvre de l'histoire du cinéma.
  
Le loup-garou (1941)1941 wolfman img3
Le loup-garou (1941) est un autre film de monstre emblématique du studio. Réalisé par George Waggner, il raconte l'histoire de Lawrence Talbot qui, de retour dans le village de son enfance, est attaqué par un loup. Lors de la pleine lune suivante, il se change en loup-garou. Il va alors chercher à comprendre la malédiction qui le frappe. Le film, à l'instar de Frankenstein, peut se voir comme une tragédie, puisque le monstre est tout autant une victime qu'un tueur. Boris Karloff n'étant pas disponible, le loup-garou est interprété par Lon Chaney Jr, fils du célèbre comédien dont nous avons parlé plus haut. Il incarnera ce rôle à quatre autres reprises.
   
La Fille de Dracula posterfils-de-frankenstein-belgeghost of frankenstein 
Les films de monstres s'avérant être financièrement très rentables, le studio Universal n'hésita pas à produire de nombreuses suites ou autres cross-over (films dans lesquels des personnages emblématiques, issus de métrages différents, se rencontrent). Parmi toutes ces suites on peut citer La fille de Dracula (1936), Le fils de Frankenstein (1939), ou encore Le fantôme de Frankenstein (1942).
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Quant aux cross-over, les plus marquants de la période ont été Frankenstein rencontre le loup-garou (1943), La maison de Frankenstein (1944), ou encore le parodique Deux nigauds contre Frankenstein (1948), dans lequel on croise Dracula, le monstre de Frankenstein, le loup-garou et même l'homme invisible.
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Plus récemment, le studio a tenté de relancer l'engouement pour ses monstres dans des films plus ou moins réussis. Avec Van Helsing, en 2004, le réalisateur Stephen Sommers, qui avait déjà tourné une nouvelle version de La momie en 1999, essaye de redonner un nouveau souffle aux monstres classiques, dans une intrigue alambiquée mêlant Dracula, le monstre de Frankenstein et le loup-garou. Jugez plutôt : le comte Dracula oblige le docteur Frankenstein à lui créer un monstre, dont il a besoin pour insuffler la vie à sa progéniture, attendant sans vie dans des cocons verdâtres suspendus dans son château (Vous suivez?). Parallèlement, une famille d'aristocrates transylvaniens, qui a juré de détruire Dracula, est frappée par une malédiction changeant ses hommes en loup-garou. Et Van Helsing dans tout ça? Exit le vieux professeur érudit, le héros de ce film est une armoire à glace au look tout droit sorti d'un western. Il traque les monstres à travers l'Europe pour le compte du Vatican, qui le fournit en armes et en gadgets dignes d'un James Bond.
L'idée de dépoussiérer ces franchises n'est pas en soi une mauvaise chose, mais le traitement reste discutable. A trop vouloir en faire en terme d'action et d'effets de mise en scène tape à l'oeil pour plaire au jeune public, le film se perd en plaisir immédiat, oubliant de donner une quelconque épaisseur à l'histoire. L'idée d'opter pour le tout numérique pour donner vie aux monstres du film n'aide pas non plus à sauver l'ensemble. Dix ans à peine après leur création, les effets spéciaux du film sont déjà méchamment ringards.
Bien que boudé par le public, Wolfman (2010), le remake du loup-garou réalisé par Joe Johnston, est en revanche bien plus réussi. Alors que le film original de 1941 manque aujourd'hui singulièrement de rythme, ce Wolfman nouveau épaissit intelligemment l'intrigue et varie les lieux de l'action. Le réalisateur a aussi eu la bonne idée de mêler les effets numériques aux effets physiques. Le maquillage, réalisé par Rick Baker pour grimer Benicio del Toro en loup-garou, est très réussi.

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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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