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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
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  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:52

La peur de l'atome, de la bombe et du feu nucléaire a marqué de son empreinte l'histoire de la seconde moitié du XXème siècle, et le cinéma s'en est fait bien évidemment l'écho. Pour ouvrir cette dernière séance de l'année, nous avons visionné un extrait du film Le secret de la planète des singes de Ted Post (1970), dans lequel on a pu voir des humains, réfugiés sous terre après avoir été irradiés par une explosion nucléaire, rendant un culte à un missile nucléaire, "le commencement et la fin de toute chose". Par sa puissance destructrice, la bombe fascine tout autant qu'elle est crainte. Cet extrait fut la seule incursion dans le genre post-apocalyptique, puisque ce thème a déjà été traité plus tôt dans l'année.

Vivre dans la peur (1955)vlcsnapG9850774 

Seul pays à avoir connu le feu atomique, avec le largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, le Japon a été durablement traumatisé. Le grand réalisateur japonais Akira Kurosawa a abordé le thème dans certains de ses métrages. L'idée de Vivre dans la peur (1955) lui est venue après un scandale qui a frappé le Japon en 1953 : au cours d'essais nucléaires menés par les Américains, au large du Japon, des marins pêcheurs japonais se sont retrouvés gravement irradiés. Dans son film, Kurosawa parle d'un industriel totalement obsédé par le péril atomique. Il souhaite vendre tous ses biens pour partir avec sa famille s'installer au Brésil, où il pense être à l'abri. Se heurtant au refus de sa progéniture, il est placé sous tutelle et sombre dans la folie. Drame psychologique, Vivre dans la peur ne rencontre à sa sortie qu'un succès mitigé. Dans un Japon en pleine reconstruction, il est certain que le sujet dérangeait.

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Kurosawa reviendra sur le danger atomique dans l'un de ses derniers films, Rêves (1990). Dans ce film à sketchs, le réalisateur met en image huit de ses rêves l'ayant particulièrement marqué. Dans le segment Le Mont Fuji en rouge, Kurosawa dépeint des civils fuyant apeurés après l'explosion des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Un rêve prophétique donc, puisque les évènements futurs viendront donner un écho tragique à sa vision.


   

Gojira 1954 Japanese posterRodan posterGamera 1965

Le péril atomique a trouvé au Japon une incarnation monstrueuse sous les traits de Godzilla, un lézard gigantesque, dont les premières frasques ont été réalisées par Ishirô Honda en 1954. Godzilla est réveillé par des essais nucléaires tirés dans le Pacifique et se dirige vers Tokyo. S'en suit un festival de destruction de maquettes des plus réjouissants.

En

En 28 films, Godzilla est devenu une véritable icône de la culture populaire japonaise et donna naissance à un genre très prolifique au paus du soleil levant : le kaiju eiga (film de monstre). Godzilla est bientôt rejoint par plusieurs camarades monstrueux, eux aussi "enfants de l'atome". En 1955, Rodan, narre les exploits d'un gigantesque ptérodactyle réveillé par le tir de missiles nucléaires. En 1962, un autre kaiju très populaire débarque sur les écrans : Gamera. Dans ce film, une énorme tortue préhistorique est libérée des glaces de l'Arctique suite au crash d'un avion russe porteur d'un engin nucléaire. Les kaiju eiga reposent ainsi souvent sur les mêmes mécaniques.

On peut noter que le piteux remake américain de Godzilla, réalisé par Roland Emmerich en 1998, fait l'effort de réactualiser les raisons de l'apparition du monstre en prenant cette fois le prétexte des essais nucléaires français effectués dans l'archipel de Mururoa entre 1960 et 1996. 

 

Des monstres attaquent la ville (1954)them-1954-01-g

Les Etats-Unis seront aussi touchés dans les années 1950 par une vague de films de monstres géants. Sorti la même année que le Godzilla japonais, Des monstres attaquent la ville de Gordon Douglas (1954) parle de la panique qui s'empare du Sud-ouest des Etats-Unis lorsque des fourmis, devenues gigantesques suite à des essais nucléaires effectués par l'armée dans le désert du Nouveau-Mexique, commencent à s'en prendre aux villes et à leurs habitants.


Parmi les autres films américains de monstres personnifiant la peur de l'atome, on peut citer Le monstre des temps perdus d'Eugène Lourié (1953), dans lequel une créature gigantesque, endormie sous la glace depuis 100 millions d'années, est réveillée par un test nucléaire effectué au pôle Sud. Elle se dirige alors dangereusement vers la côte Est des Etats-Unis. Dans Tarantula (1955), le réalisateur Jack Arnold lâche sur la petite ville de Desert Rock une tarantule rendue gigantesque par des radiations.

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Ces films, plus ou moins habiles, surfent sur l'inquiétude liée aux essais nucléaires et aux radiations qui en découlent. Ces craintes ont bien évidemment une base réelle, puisque le gouvernement américain procède depuis les années 1950 à des essais nucléaires dans les déserts du Nevada et du Nouveau-Mexique.
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Steven Spielberg fait un clin d'oeil à ces essais dans son dernier opus de la saga Indiana Jones : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (2008). Autres temps, autres ennemis : après les nazis, c'est au tour des soviétiques de chercher des poux au héros, puisque ce volet se déroule en pleine guerre froide. Dans cette séquence, Indy, poursuivi par des sbires communistes, trouve refuge dans un village-test construit par l'armée américaine pour évaluer les retombées du largage d'une bombe atomique sur une zone habitée. Pris de cours par le démarrage d'un essai, notre héros trouve refuge dans un endroit improbable.
Le plan final de la séquence sur le champignon atomique offre l'un des rares plans iconiques de ce film assez décrié.
Panic sur Florida Beach (1993)matinee04.jpg 
L'action de Panic sur Florida Beach de Joe Dante (1993) se déroule en pleine crise des missiles de Cuba, l'un des épisodes les plus tendus de la guerre froide. Les héros de ce film sont des adolescents, qui entre flirts et sorties entre amis, assistent avec un certain détachement à la panique qui s'empare de la Floride en octobre 1962. Les militaires investissent les plages et les adultes tremblent devant les discours télévisés du président Kennedy et dévalisent les magasins pour stocker un maximum de produits de première nécessité. A l'école, les enfants doivent participer à des simulations d'attaque nucléaire assez risibles, au cours desquelles on leur intime l'ordre de s'agenouiller front au sol, bras croisés sur la tête, pour se protéger. Au milieu de ce tumulte, le réalisateur de films à sensation Lawrence Woolsey (croisement improbable entre les réalisateurs Alfred Hitchcock et William Castle), débarque en ville pour présenter Mant, son nouveau film en atomo-vision. Nos héros ont hâte de découvrir ce film qui parle d'un homme irradié se transformant en fourmi. Outre l'hommage aux films de monstres américains des années 1950, le réalisateur facétieux de Gremlins jette un regard nostalgique et amusé sur l'ambiance de l'Amérique de la guerre froide, qu'il a lui même vécu dans sa jeunesse.
                 
Dr. Folamour ou comment j'ai appris à ne plus m'en faireDr._Strangelove_-_Riding_the_Bomb.png

Plaisanter sur la guerre froide quelques mois après la crise des missiles de Cuba n'était pas un exercice facile. C'est pourtant ce que le grand réalisateur Stanley Kubrick a fait dans Dr. Folamour, ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe (1963). Dans ce film, un général américain farouchement anticommuniste donne l'ordre aux avions B-52 patrouillant en Europe de lancer une attaque nucléaire sur la Russie. Commence alors une succession de situations absurdes au cours desquelles chacun tente de stopper un implacable holocauste nucléaire. Dans l'extrait visionné, le président américain, en pleine réunion de crise, appelle le dirigeant russe, passablement éméché, pour lui annoncer la situation.


Dr. Folamour offre une galerie de personnages cyniques, dépassés ou fous. Il fait à la fois sourire et frémir devant l'impuissance des chefs des deux blocs à empêcher la catastrophe imminente. Cette comédie cultissime ne rencontra pourtant qu'un succès mitigé. Peut-être était-il trop tôt pour rigoler sur le sujet.

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Le personnage de James Bond, qui a fêté cette année ses 50 ans de "carrière" cinématographique, est le héros le plus emblématique de la période de la guerre froide. Dans les premiers films de la saga, le péril atomique est omniprésent. L'extrait projeté en cours était tiré de Goldfinger de Guy Hamilton (1964). Dans cette aventure, le célèbre espion britannique cherche à empêcher le criminel mailliardaire, Auric Goldfinger, de faire exploser une bombe atomique à Fort Knox, qui était à l'époque la plus grande réserve d'or des Etats-Unis. En  irradiant cet or pour une durée de 58 ans, le malfaisant Goldfinger souhaite le rendre inutilisable, et ainsi faire grimper la valeur de son propre stock d'or. Après avoir affronté Oddjob, l'homme de main de Goldfinger, James Bond tente de désamorcer la bombe.
Dans plusieurs autres épisodes de la saga, le danger nucléaire est en toile de fond. Dans Opération tonnerre de Terence Young (1965), l'organisation criminelle S.P.E.C.T.R.E. dérobe à l'OTAN deux missiles nucléaires (à voir dans cet extrait : link). Dans On ne vit que deux fois de Lewis Gilbert (1967), le génie du crime Blofeld tente de pousser les blocs américains et soviétiques à déclencher une guerre nucléaire, en faisant disparaître des navettes spatiales appartenant aux deux puissances.

Ces dernières années, la peur du nucléaire est toujours présente et fait encore les beaux jours des films d'action et de suspense, ou même de séries télé comme 24 heures chrono.
45183973.jpg038broken-arrow-a01.jpgLA SOMME DE TOUTES LES PEURS
Parmi les nombreux exemples de films d'action reposant sur le danger atomique, on peut citer le très bon A la poursuite d'Octobre rouge (1990) de l'excellent John McTiernan. Dans ce film d'espionnage se déroulant à la fin de la guerre froide, les Russes mettent au point un sous-marin atomique silencieux. Les Américains s'alarment du danger potentiel représenté par ce sous-marin que les radars traditionnels ne peuvent repérer. Leur crainte est d'autant plus justifiée qu'il semble se diriger vers la côte est des Etats-Unis.
Si la guerre froide prend fin en 1991, le danger représenté par les armes atomiques constitue toujours un ressort de choix dans les intrigues de films d'action. Qu'il s'agisse d'un projet criminel d'une organisation terroriste ou d'un fou isolé, le nucléaire n'a pas fini de faire frémir dans les salles obscures.

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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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