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  • : Le club cinéma du collège Bergpfad
  • Le club cinéma du collège Bergpfad
  • : Ce blog regroupe les travaux et réflexions des élèves participant au club cinéma du collège Bergpfad d'Ham-sous-Varsberg (57880), ainsi que la présentation des thèmes des séances du lundi, animées par Mr Lesouef.
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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 22:15

En écho au chapitre étudié par les élèves de 3ème sur les régimes totalitaires dans les années 1930, nous nous sommes penchés aujourd'hui sur les liens troubles entre le cinéma et la propagande. Les régimes totalitaires de Staline et de Hitler ont vite compris le formidable potentiel représenté par le cinéma comme outil de propagande.

1-sergei-eisenstein-1898-1948-grangerLa ligne générale (1929)

Pour faire passer efficacement leur idéologie aux populations, ces dictateurs se sont attachés les services de réalisateurs très doués. C'est le cas de Sergueï Eisenstein (1898-1948), véritable génie de la réalisation et virtuose du montage, qui se mis au service de Staline et du régime soviétique.

Sa filmographie compte essentiellement des films à message politique. Dans Le cuirassé Potemkine (1925), il rend hommage à l'insurrection d'Odessa de 1905, durement réprimé par les soldats du tsar (Nous avons déjà parlé de ce film l'an dernier : Incroyables séquences (Première partie)). Dans Octobre (1927), il commémore la révolution d'octobre 1917, qui porta les soviets au pouvoir. Il magnifie aussi les exploits d'un héros national, Alexandre Nevski (1938), qui avait repoussé les chevaliers teutoniques venus de Germanie au XIIIème siècle. L'allusion est claire.

le cuirasse potemkine afficheOctobrealexandrenevski

Nous avons étudié au cours de cette séance des extraits de La ligne générale (1929), film vantant les mérites de la collectivisation des terres et de la création des kolkhozes et des sovkhozes, ces fermes collectives. Le film se met tout entier au service du projet de Staline en dénonçant les effets du morcellement des terres agricoles et en donnant une image caricaturale peu flatteuse des koulaks, ces paysans propriétaires que le régime était en train d'éliminer. Tout est fait pour rendre haïssable les koulaks, comme on peut le voir dans cet extrait, où un couple de koulaks ventripotents et dédaigneux refusent de prêter un cheval à une paysanne dans le besoin : 

Pour promouvoir les fermes collectives, Eisenstein ne fait pas les choses à moitié. On peut faire un avant/après à partir de deux séquences du film :
Dans ce premier extrait, on observe des paysans tentant de labourer une terre ingrate sur de petites parcelles. Les animaux de trait sont rares et faméliques. Une grande misère est palpable.
Le deuxième extrait au contraire présente une ferme d'Etat, un sovkhoze, rayonnante de prospérité : des batiments superbes, des machines agricoles du dernier cri, du bétail sain et abondant ; cette ferme est comparée à un rêve. Le message pour les spectateurs russes est limpide : les fermes collectives sont paradisiaques et la collectivisation des terres est une chose formidable. Staline a du apprécier.

leniriefenLe triomphe de la volonté (1935)

Pour glorifier le régime nazi dans les salles obscures, Hitler et Goebbels, son ministre de la propagande, ont jeté leur dévolu sur Leni Riefenstahl. La jeune réalisatrice mis son talent au service du IIIème Reich sur plusieurs films pour lesquels elle reçut des moyens très conséquents pour l'époque. Après La victoire de la foi (1933), elle réalise Le triomphe de la volonté (1935). Le tournage eu lieu pendant le grand rassemblement annuel des nazis, le congrès de Nuremberg de 1934.

Nous avons visionné un extrait dans lequel Hitler s'adresse aux Jeunesses hitlériennes. Après avoir commenté la teneur du discours d'Hitler, nous avons observé les techniques de mise en scène utilisées par Leni Riefenstahl.

023den15 nuremberg 001fTriumph of the will leni riefenstahl

Des plans généraux montrent la masse des auditeurs en rang, disciplinée, ce qui appuye le discours du Führer exhortant clairement son peuple à l'obéissance. Des plans montrent quand même l'enthousiasme et la curiosité des jeunes à l'arrivée d'Hitler : les regards se tournent fébrilement vers l'endroit où il doit faire son entrée ; certains se mettent sur la pointe des pieds. Pendant son discours, Hitler est souvent filmé en contre-plongée pour accentuer son charisme et son autorité ; il domine le cadre. Le tout est entrecoupé de gros plans sur le visage de jeunes Allemands buvant ses paroles, fascinés. Ce film participe au culte de la personnalité. Tout est fait pour montrer la puissance du régime et la soumission du peuple à son chef.

Les dieux du stade (1938) 

En 1936, Leni Riefenstahl est chargée de filmer les Jeux olympiques qui se déroulent à Berlin. Dans la séquence d'ouverture, elle met en image la chimère d'Hitler concernant la supériorité de la "race" allemande, en montrant des athlètes "aryens" dévêtus, dans des postures héroïsées rappelant les statues de l'Antiquité. Dans ce cours extrait, elle réalise un fondu en passant de la célèbre statue du discobole à un athlète allemand ayant adopté la même posture. Le ministère de la propagande ne pouvait pas laisser passer une si belle occasion de promouvoir l'idéologie nazie.

Education à la mort (1943)PHOTO 15126556 66470 18660554 ap

Pour finir, nous avons regardé un dessin animé américain de propagande anti-nazie : Education à la mort, du studio Disney (1943).

Il est assez surprenant de voir la firme à la souris traiter un sujet aussi grave que l'embrigadement des jeunes Allemands dans l'Allemagne nazie. Le court métrage ne s'autorise qu'un moment burlesque, lors d'une parodie de La Belle au bois dormant, voyant Hitler en chevalier sauvant une princesse corpulente. Derrière la farce, on cherche ici à montrer que l'endoctrinement commence dès le plus jeune âge, avec des contes et des programmes scolaires orientés pour inculquer aux enfants l'idée nazie de supériorité de la "race aryenne". La séquence dans la salle de classe force d'ailleurs le trait pour montrer que l'enseignement nazi vise à développer aussi l'agressivité des petits Allemands.
education-for-death667464873-1
Globalement la tonalité du métrage est sombre. Un jeu d'ombre intéressant vient renforcer le caractère menaçant et inhumain des nazis.
Education for Death 1education for death 7785 
La fin est particulièrement pessimiste puisqu'elle montre le résultat de cette éducation, en nous présentant ces jeunes devenus des soldats aveugles, muselés et enchaînés. Le message est limpide : la dictature nazie asservit et déshumanise la population allemande. Nous avons bien à faire à une oeuvre de propagande puisqu'il s'agit de sensibiliser une Amérique en guerre du bien-fondé du combat dans lequel ils sont engagés, pour la préservation de la démocratie et donc de la liberté.

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Publié par clubcinema-bergpfad - dans Les séances du club cinéma
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